La loi de la fringue

Jadis, l’an dernier… Dita Von Teese trônait en tête de gondole. L’appel de la forêt vintage, phase guêpière et bas de soie, la femme fatale version totale. Nos pieds restaient d’ailleurs toujours dressés en position talons aiguille, au cas où, et on avait demandé un fouet pour la Saint-Valentin.
Positionnement 2007. Il faut entièrement remastériser le rôle du vêtement sexy, en se basant sur l’idée étalon de l’emballage versus le cadeau. On va penser légèreté, douceur, voire fragilité et, clé de voûte de l’ensemble, on va penser all accès. Dès qu’on vous voit, on doit imaginer qu’il faudrait cinq secondes à deux mains viriles pour vous dénuder entièrement, même avec six couches de cachemire et votre bonnet à pompon. Donner cette illusion que votre corps sécrète une onde qui met à distance le tissu, comme un ventilateur de spa.

 


Le signal du regard

Jadis, l’an dernier… On jouait avec la pirouette du « looking paradoxe ». Pendant que la bouche discutait avec le gars des bienfaits de la fellation au grog sur la rhino-pharyngite, les
yeux regardaient ailleurs, par exemple, une mésange là-bas. Et, bien sûr, en alternance, quand on parlait des plumes chamarrées de l’oiseau, on fixait une zone érogène, au choix. Positionnement 2007. On va revenir aux basiques, comme dirait Sharon Stone, et plonger enfin nos yeux dans les siens. Pas la peine de baliser le chemin jusqu’à notre corps avec des perches grosses comme des chênes centenaires. Et pas le droit de dire un mot, même si une mésange sort du micro-ondes en nuisette. On va s’asseoir en face de lui, et sans prévenir, à la « Casablanca », lui balancer notre regard chaleur n° 12. Pas de gloussement, pas de cillement, pas de « le premier qui rira aura une raclette ». Jusqu’à ce que
sa bouche comprenne.